sur le travail de
Vincent Deville

Anticipation of the Light , texte de Vincent Deville dans la revue  Exploding 10+1, 2006.

Ouvrages qui mentionnent les films de Vincent Deville :
“X (films)” in Une encyclopédie du court métrage français, Jacky Evrard, Jacques Kermabon, festival Côté court / Yellow Now, 2004.

Nicole Brenez, Cinémas d’avant-garde, collection “les petits cahiers”, Cahiers du cinéma / SCEREN-CNDP, 2006.

Emission TV :
Interview dans le Mensomadaire #26 sur Canal+ (2005)

LES GRANDES VACANCES
2003
Super-8 noir & blanc et couleur, 6 minutes, silencieux

FIN D'ÉTÉ
2002
Super-8 couleur, 7 minutes

BERLIN FAHRRAD
2001
Super-8 couleur, 13 minutes
Musique : Sylvain Delétang

JOUR DE NEIGE
2000
Super-8 noir & blanc, 3 minutes, silencieux

GASTON
1998
Super-8 noir & blanc et couleur, 9 minutes, silencieux

LE NOIR, C'ÉTAIT HIER
Réalisé avec le collectif RodÉo Club
2006-2007
Double écran
Super-8 couleur, 8 minutes
Conception sonore : (...) (+)

LES SPORTS D'HIVER
2005
Super-8 couleur, 3 minutes, silencieux

LA SOURCE
2004
Super-8 couleur, 3 minutes
Bande son : Sandra Sana

L’ÂNE DANS UN PRÉ
2003
Super-8 couleur, 4 minutes, silencieux

LA CHUTE
2003-2004
Super-8 couleur, 6 minutes, silencieux

FILLES FLAMMES
2003-2004
Super-8 couleur, 8 minutes, silencieux

Vincent Deville
est né en 1975 de ce côté-ci des Alpes.
De la découpe d’un cochon à la fragmentation du film par refilmage contact, il développe une série de films cohé-rente, mettant en jeu intervalle, discontinuité, qualités de lumière et d’apparition…
Son travail de thèse (en cours) sur les formes du montage dans l’avant-garde contemporaine n’y est certainement pas pour rien…

 

Filmographie

de départ d'un travail qui tâche de TOUT conserver, le mouvement du film comme mémoire et la brûlure de l’image qui se montre comme telle, infi-niment accrochée à celle qui la suit,à celle qui la précède. Est-ce de les avoir vécues qui incendie ainsi vos images (Les Grandes vacances, Fin d’été) ? D’avoir tenu votre regard à bout de bras ?
Vos films, qui durent souvent le temps d’une chanson (c’est un beau format), me font penser à la réponse faite par Lemmy Caution à l’ordinateur d’Alphaville, qui lui demandait quelle était sa religion : « je crois aux données immédiates de la conscience ». Car vous êtes aussi – il suffit de voir L’Âne dans un pré ou les Filles flammes pour s’en convaincre – un inventeur de couleurs et un architecte d’intensités. Plus facile à dire qu’à faire. Dans un texte où vous présentez votre travail, vous écriviez : « Derrière la ferme, il y a une source laissée à l’abandon. Presque collée au bâtiment, on peut très bien passer à côté sans la remarquer. C’est quelqu’un qui me l’a montrée.*» Cette source, c’est pour moi tout un pan du cinéma, « presque collé au bâtiment » si l’on veut bien m’accorder la métaphore, et dont, en filmant et en écrivant, vous et quelques autres indiquez la direction depuis une dizaine d’années, pour en prendre soin, afin qu’on la remarque un peu. Continuez ce travail : d’où je suis je vois du monde arriver pour vous prêter main forte.

Eric Thouvenel

*Vincent Deville, « Anticipation of the light », Exploding n° 11, « État des yeux »,
avril 2006, p. 97

Sorcier, sourcier, artificier
Depuis qu’il a eu la gentillesse de me les envoyer comme une espèce de carte postale, j’aime revenir de temps en temps aux films de Vincent Deville comme on revient dans un lieu qu’on aime bien, parce que les images en sont à la fois très nettes et agréablement fuyantes. J’aime les voir et les montrer aussi, à de jeunes gens qui ont presque oublié – question d’époque – que le cinéma c’est aussi de la matière vive. Nous les regardons ensemble, parfois un peu accélérés, souvent image par image, pour ne pas en perdre une miette. Devant la descente aux flambeaux des Sports d’hiver, l’un d’entre s’est exclamé un jour : « c’est comme la fin d’Apocalypse Now ! ». Et la semaine suivante, regardant le film de Coppola pour comparer, ils étaient tout contents de me déclarer qu’ils diraient désormais : « Oui oui, Apocalypse Now, très bien, mais Vincent Deville, lui, le fait sans napalm… »

Dans quel espace flottent vos films, Vincent Deville ? On dirait qu’ils voyagent au long cours d’un courant silencieux qui laissent vos images quelque part entre la fuite et le suspens – comme dans un très grand bocal, en colocation avec L’Hippocampe et L’Étoile de mer. Ce paradoxe du film, qui fait qu’en montrer la condition photographique, c’est en inquiéter la fonction-mouvement (cf. Barthes, Kuntzel, Kubelka, Rondepierre...), vous en faites le point