WESTERN
Cette programmation regroupe 11 films expérimentaux questionnant ce genre majeur du cinéma, à travers une pratique très riche et particulièrement développée dans le champ du cinéma expérimental : la reprise d’images (films de found footage).
Ici, tous les films proposés extraient, en les interprétant, les réorganisant, les transformant, des images et des sons provenant de westerns. Ces courts-métrages empruntent des situations caractéristiques de ce genre et proposent un regard neuf, décalé sur le western, à la fois esthétique, critique, ludique et polémique.
Ces films, réalisés par des cinéastes revendiquant leur indépendance créatrice, questionnent les problématiques du code cinématographique, des nombreuses possibilités plastiques de la pellicule de cinéma, de la mise en relation et du traitement des images réalisées par d’autres cinéastes.

THE SONG OF RIO JIM de Maurice Lemaître
France, 1978, 16 mm, sonore, n&b, 6’
Ce film, réalisé en hommage à Ince et à Hart, ancêtres créateurs du film de cow-boys, possède une histoire «western» qui permettra au spectateur d’imaginer tous les westerns et anti-westerns possibles.

THE GREAT TRAIN ROBBERY d’Edwin S. Porter
Etats-Unis, 1905, 16 mm, silencieux, n&b, 9’
Accompagnement musical en direct par Eric Thouvenel (clarinette basse) , Sébastien Desloges (violon), Dorian Taburet (guitare).
"L’un des premiers westerns, date essentielle dans l’histoire du cinéma, comme narration cohérente de l’attaque d’un train par des bandits, qui deviendra un classique par la suite. Pour la première fois à l’écran, l’acteur tire au revolver sur les spectateurs"
                                                                                                                       Maurice Lemaître

SHOT-COUNTERSHOT de Peter Tscherkassky
Autriche, 1987, 16 mm, sonore, couleur, 1’
La technique du champ-contrechamp est un syntagme linéaire typique, qu’il est trop tentant de bousculer.

SILVER RUSH de Cécile Fontaine
France, 1998, 16 mm, sonore, couleur, 8’
Une véritable ruée de séquences (rushes) de sources différentes : fictions, documentaires et publicités. Ce film met en scène des chasses en tous genres, dans les décors mythiques du Western américain.

LA VIEILLE DAME AU CHAPEAU d’Olivier Fouchard
France, 2002, 16 mm, muet, couleur, 3’
"Je voulais geler quelques photogrammes de textures picturales, formelles, sans autre but que la jouissance plus ou moins morbide de formes colorées"
                                                                                                                         Olivier Fouchard

SAFETY FILM d’Hans Scheugl
Autriche, 1968, 16 mm, muet, n&b, 4’
Certaines parties d’un western ont été filmées. Un nouveau drame est raconté à travers des mouvements, des images arbitraires, des gradations de noir et blanc (passant du positif au négatif) et le montage des plans.

STORIES de Cécile Fontaine
France, 1989, 16 mm, sonore, couleur, 7’
“Une vie de chien, la conquête de l’Ouest et l’influence du ballon du football américain sur le comportement d’une famille nombreuse sont les objets de ce film, qui n’ont que faire de l’Histoire, mais qui nous en content plusieurs”
                                                                                                                             Yann Beauvais

OLD WESTERN MOVIES de Sébastien Ronceray
France, 2000, Super 8, sonore, couleur, 4’
Par répétition d’un même moment (la confrontation d’un soldat de l’armée américaine avec un guerrier Indien), ce film nous rappelle que les Histoires se répètent, que les gestes se refont, et que le cinéma et ces genres nous ramènent toujours au même schéma...

RODEO d’Hervé Pichard & Mayumi Matsuo
France, 2002, 16 mm, muet, couleur, 3’
Accompagnement musical en direct par Eric Thouvenel (clarinette basse) , Sébastien Desloges (violon), Dorian Taburet (guitare) & Rodolphe Cobetto-Caravanes (guitare).
Reprenant quelques images poinçonnées dans une copie 35 mm d’APOCALYPSE NOW de Francis Ford Coppola où de jeunes danseuses viennent "divertir" les troupes US au Vietnam en parodiant leur bon vieux Far West, RODEO se compose d’images circulaires, perçant la pellicule comme une balle perce une peau.

COLOR CRY de Len Lye
Etats-Unis, 1952, 16 mm, sonore, couleur, 4’
Au rythme des harmonicas et des cris dramatiques, la couleur crée une symphonie visuelle rappelant les rites et les danses sacrés.

VERDAUWOO d’Adele Friedman
Etats-Unis, 1989, 16 mm, silencieux, couleur, 6’
Dans la forêt nationale de Bow dans le Wyoming, il existe un lieu sacré pour les Indiens.

AN ARCHITECTURE OF DESIRE de Sandra Davis
Etats-Unis, 1988, 16 mm, silencieux, couleur, 15’
Accompagnement musical en direct par Rodolphe Cobetto-Caravanes (guitare).
"L’exploration continue de la vie du corps : ce film, commencé comme une enquête sur la nature des désirs humains, s’est retourné sur moi, il est devenu une déclaration sur les limites de cette connaissance"
                                                                                                                                Sandra Davis

Les courts-métrages de cette séance sont tous projeté en pellicule, en format Super-8 ou 16 mm.

Samedi 17 mai 2008
BRAQUAGE joue au cow-boy au
MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE RENNES

16h : long métrage
BULLETS FOR BREAKFAST d'Holly Fisher
Etats-Unis, 1992, 16 mm, couleur, sonore, 77’
Des images extraites de MY DARLING CLEMENTINE sont à la base de cette réinterprétation provocatrice. BULLETS FOR BREAKFAST (Des balles pour le petit déjeuner) mêle de magnifiques images faites à la tireuse optique à un dense tissage d’histoire, de poésie, de narration visuelle et explore ainsi l’envers violent d’une autre frontière : les relations des genres.
Juxtaposant un écrivain de western de pacotille à un poète féministe et une femme travaillant dans une usine de harengs fumés à des personnages de toiles de maîtres européens, Holly Fisher réorganise les images et les histoires selon des motifs musicaux. BULLETS FOR BREAKFAST, hybride enchanteur des techniques expérimentales et documentaristes, exploite les profondeurs de la subjectivité, brouillant les séparations entre mythe et réalité, fait et fiction.

Musée des Beaux-Arts de Rennes > 20 Quai Emile Zola > Rennes > M°République / Bus : 6, 16, 40, 67 >www.mbar.org > Tarif visite

PASSAGES
Cette séance traite du déplacement, principalement de celui qu’initia le départ vers l’Ouest et ces grands espaces. Au fur et à mesure, ces paysages se déplacent, se dédoublent, se font dangereux et finissent par se refermer quand on cherche à trop les aménager, en les regardant traverser par des voyageurs sans attention, qui n’ont plus le temps de contempler.
À travers ces 8 films expérimentaux se dessinent divers déplacements : la traversée d’un espace, sa métamorphose, le changement des regards... La frontière que l’on cherchait à franchir se reconstruit toujours : une frontière passée, une autre surgit.

DEGRADATION #1, X-RAY, PART 2
( GOVERNEMENT RADIATION )
de James Schneider
Etats-Unis, 2007, 16 mm, couleur, sonore, 4’
Une prise de vue d’environ 3 minutes, faite devant le Capitole à Washington, est la base de ce film.
Ces images ont ensuite subi l’effet des rayons X des machines de surveillance du gouvernement américain, modifiant, à force de passage, la qualité des images.

LIKE A PASSING TRAIN 3 de Kohei Ando
Japon, 1982, 16 mm, couleur, sonore, 5’
Multiplicité des passages, alors que le départ n’est pas pour tout de suite. Une observation en continuité.

THE GEORGETOWN LOOP de Ken Jacobs
Etats-Unis, 1997, 16 mm, n&b, muet, 11’
Accompagnement musical en direct par Eric Thouvenel (clarinette basse) , Sébastien Desloges (violon), Dorian Taburet (guitare).
Retravaillant des prises des années 50 d’un voyage en train à travers les montagnes rocheuses du Colorado, Ken Jacobs a imprimé l’image originale et son miroir côte à côte afin de produire un formidable effet kaléidoscopique plein écran.

MASS FOR THE DAKOTA SIOUX de Bruce Baillie
Etats-Unis, 1963-64, 16 mm, n&b, sonore, 24’
"Aucune chance de vivre pour moi, Mère, tu peux tout aussi bien pleurer"
                                                                                         Sitting Bull, chef Sioux Hukpapa

BOMEN de Mike Hoolboom
Canada, 1990, 16 mm, couleur, muet, 4’
Ce film, compte-rendu du parcours entre Waco dans le Texas et Mexico City, a été entièrement filmé du siège du passager : un funeste présage.

PASADENA FREEWAY STILLS de Gary Beydler
Etats-Unis, 1974, 16 mm, couleur, muet, 6’
Dans PASADENA FREEWAY STILLS, la nature de l’espace change qualitativement au moment où la photo, mise en mouvement, devient cinéma. Le moment le plus étonnant est celui du passage de l’espace photographique à l’espace illusionniste du cinéma.

LITTLE GIRL de Bruce Baillie
Etats-Unis, 1994-95, 16 mm, couleur/n&b, muet, 3’
Film en trois plans, ce genre magnifique qui permet de penser jusqu’au bout les puissances du montage. Ici une petite fille un peu disgracieuse salue interminablement les voitures qui passent.

ALL MY LIFE de Bruce Baillie
Etats-Unis, 1966, 16 mm, couleur, sonore, 3’
Ce film, panoramique élégiaque à 360° sur un champ clôturé, referme les espaces possibles de l’Ouest, le temps qu’Ella Fitzgerald chante la chanson éponyme.
"Là-bas, dans le petit champ de Bruce Baillie, les fleurs ne sentent plus rien et la couleur embaume"
                                                                                                                               Nicole Brenez

Puis à 20h30, dans le cadre de la nuit des musées,
2 programmation de courts succesives (entrée libre)